Musée Ziem à Martigues : Ernest Pignon Ernest
Musée Ziem Martigues
Boulevard du 14 juillet 13500 MartiguesErnest Pignon-Ernest, 60 ans de création dans l’espace public
Né en 1942 à Nice, dans un milieu populaire, Ernest Pignon-Ernest se tourne très tôt vers un art engagé, utilisant l’espace public comme support pour interroger la mémoire collective, les luttes sociales et les mythes fondateurs. Dès 1966, en réaction à l’implantation de la force de frappe atomique sur le plateau d’Albion, l’artiste poche la silhouette tirée d’une photographie prise à Hiroshima sur les murs, les routes et les rochers des environs. S’il a ensuite troqué le pochoir pour le collage, cette première intervention porte en germe tout ce qui constitue son oeuvre jusqu’à aujourd’hui.
Ses dessins charbonneux sérigraphiés puis collés, souvent réalisés à échelle humaine et intégrés dans leur environnement, dialoguent avec l’architecture, l’histoire et la mémoire des lieux. Du plateau d’Albion à Certaldo, de Charleville à Paris, de Martigues à Alger, de Nice à Soweto, du Chili à la Palestine, Ernest Pignon-Ernest change les rues du monde en oeuvres d’art éphémère depuis plus de soixante ans et continue de marquer les rues du monde de son empreinte.
Une rétrospective ancrée dans le territoire
Conçues pour disparaître, les oeuvres d’Ernest Pignon-Ernest sont réalisées sur des papiers fragiles, exposées aux intempéries et à l’usure du temps. Si cette empreinte s’estompe peu à peu, il en conserve croquis, photographies et sérigraphies, constituant ainsi une immense archive de ses interventions. Ce sont celles-ci que le musée Ziem expose, proposant au visiteur une immersion à travers soixante ans de créations et d’engagement.
Débutant par la première intervention in situ d’Ernest Pignon-Ernest sur le plateau d’Albion en 1966 et terminant par son travail à Haïti en 2019, le
musée offre une plongée au sein du parcours de ce pionner de l’art urbain mais aussi au coeur de la démarche artistique qui l’anime. 200 oeuvres retracent la mémoire de ses créations : La Commune de Paris (1971), Nice/Le Cap (1974), Les Immigrés à Avignon (1975), Sur l’avortement (1975), Grenoble (1976), Les Expulsés (1979), Les Abrorigènes (dès 1983), Derrière la vitre à Lyon (1996-1998), Soweto (2002), Haïti (2019). Elles rendent également hommage aux écrivains et poètes qui l’ont inspirés tels Arthur Rimbaud, Boccacio (Certaldo), Robert Desnos, Pier Paul Pasolini, Jean Genet, Antonin Artaud, Vladimir Maïakovski, Pablo Neruda et Mahmoud Darwich.
Au coeur de ce foisonnant cheminement, cette rétrospective met en lumière des documents inédits sur les deux actions réalisées à Martigues au début des années 1980 : Prométhée et la Martégale (1982) et Les Arbrorigènes (1983-1984).


Musée Ziem : une rare empreinte pérenne de l’artiste
Si une telle exposition s’ouvre à Martigues, c’est notamment parce que l’artiste est déjà venu arpenter les lieux il y a plus de quarante ans. De son passage, reste encore aujourd’hui une trace unique et exceptionnelle : un pan de mur du musée Ziem sur lequel une dizaine de dessins de la main de l’artiste saisissent toujours le regard du visiteur. Études anatomiques, dessins techniques d’objets archéologiques, ébauche de la figure de la Martégale dans son cadre dorée et silhouette élancée de Prométhée témoignent de l’intervention d’Ernest Pignon-Ernest en 1982.
Joëlle Pijaudier, conservatrice du musée, avait alors invité ce jeune artiste à investir la ville de ses collages aux silhouettes grandeur nature afin de célébrer l’installation et l’inauguration du musée Ziem dans l’ancienne caserne des douanes boulevard du 14 juillet. Trois figures se sont alors déployées, sous le regard étonné des passants, dans les ruelles des quartiers populaires, le long des canaux mais aussi sur fond de toile des grandes usines pétrochimiques aux cheminées si reconnaissables.
Parmi elles, Prométhée, inspirée d’une photographie de Robert Oppenheimer par Philippe Halsman, et la Martégale, clin d’oeil à une oeuvre conservée au musée Ziem.
- de 14h00 à 18h00 (du mercredi au dimanche), de 10h00 à 12h00 (du mercredi au lundi (juillet-aout)), de 14h00 à 18h00 (du mercredi au lundi (juillet-aout))
| entrée libre | Gratuit |
