Angela Detanico et Rafael Lain
07
FEVR2026
12h00

Angela Detanico et Rafael Lain

Le Frac Sud – Cité de l'art contemporain

20, boulevard de Dunkerque 13002 Marseille

Champ étoilé

Angela Detanico et Rafael Lain nous invitent au Frac Sud à parcourir un champ d’étoiles et à nous plonger dans le mystère de la création de l’univers et des astres. Ce duo d’artistes franco-brésiliens mènent ensemble depuis plus de 20 ans une recherche artistique sur la manière dont nous nous représentons le monde et dont il se manifeste à nous. Ils s’appuient pour ce faire sur la création d’alphabets de formes renouvelant par une approche linguistique et plastique singulière, les perceptions de notre environnement, du temps et de l’espace.

L’exposition « Champ étoilé » au Frac Sud se donne à voir sous la forme d’une grande installation prolongeant le projet « La Floraison de la lumière » imaginé dans le cadre du Prix Marcel Duchamp 2024 au Centre Pompidou. Au Frac Sud, les œuvres produites à l’occasion du prix se redéployent dialoguant avec d’autres ensembles de pièces prenant pour sujets les astres et la création de l’univers. Dans une perspective cosmogonique, l’exposition nous plonge dans des champs d’étoiles et de fleurs reliés à la lune et au soleil par le parcours de la lumière à travers les âges de la création. Nous sommes alors invités à faire l’expérience du temps long. Leurs œuvres reliant science et mythologie et convoquant l’histoire de la formation des objets célestes et de notre terre, nous invitent à nous émerveiller et à regarder vers le ciel pour mieux être ici et maintenant présents au monde.


Quelques questions à Angela Detanico et Rafael Lain

En vue de leur exposition au Frac Sud en février 2026, les artistes Angela Detanico et Rafael Lain se sont entretenus avec l’équipe des publics.

Vous avez développé votre propre alphabet à partir d’un principe de concentration de la matière d’une lettre dans une forme circulaire. Pouvez-vous revenir sur la naissance de ce système ? Comment ce passage de la typographie traditionnelle à une écriture abstraite a-t-il transformé votre manière de penser le langage et l’image ?

Ce système a accompagné nos premières oeuvres. Nous l’avons créé en 2003 pendant notre résidence au Palais de Tokyo, en collaboration avec l’artiste tchèque Jiří Skála. L’idée était de réduire l’alphabet à un état d’information pure, juste la quantité de matière de chaque caractère concentré en points de tailles différentes, à l’image des trous noirs où tout l’espace vide entre les atomes disparait. Une fois l’alphabet complet nous l’avons utilisé comme matière pour plusieurs pièces. En 2007, en lisant l’Almageste, le catalogue d’étoiles de Ptolémée, nous est venue l’idée de transcrire les noms des étoiles en points lumineux.

Vos pièces traduisent souvent les mots : les noms d’étoiles, du Soleil, ou même les mers de la Lune, en formes lumineuses. Comment percevez-vous le lien entre l’écriture et le cosmos ? Peut-on dire que votre alphabet cherche à créer une nouvelle manière de lire le monde céleste ?

Le ciel a été le premier livre. Un livre de lumière. Bien avant l’invention de l’écriture les gens « lisaient » les étoiles. Pour l’agriculture, ainsi que pour se repérer sur mer ou dans le désert, il fallait savoir lire le ciel. L’écriture vient après, elle fixe la connaissance, et sera même critiquée par le roi Thamus quand le dieu Thot lui présentera sa création, l’écriture, comme un outil pour la mémoire, Thamus craignant que l’écriture rende les gens paresseux et trop dépendants d’un outil extérieur. Pour nous l’histoire de l’écriture a toujours été une source d’inspiration. La création de formes simples interchangeables qui produisent des résultats visuels complexes, a été depuis le début la base de notre production artistique. Pour nous la création d’un système a toujours un rapport strict avec les noms que l’on écrira : les noms des étoiles sont écrits à partir de points concentrés, les noms du Soleil avec des rayons et les noms des mers de la Lune avec une pluie de lumière.

Votre travail s’appuie sur des principes scientifiques précis : astronomie, lumière, mouvement des astres, mais en les traduisant dans une forme poétique et sensible. Comment parvenez-vous à faire dialoguer la rigueur scientifique et la dimension émotionnelle ou symbolique de vos oeuvres ?

Il y a de la beauté dans la science, il y a de la rigueur dans l’art. L’art et la science sont comme des points de vue, des systèmes de transcription de la réalité, certes avec des approches différentes, mais animés par la curiosité et la créativité. Créer des points d’intersection entre ces deux champs nous semble un exercice heuristique très productif. Dans La Floraison de la lumière, cette rencontre est très claire. Nous avons utilisé comme point de départ les images de télescopes montrant l’état de l’univers il y a 13 milliards d’années pour arriver à des images de champs de fleurs que nous avons réalisées avec nos téléphones portables le printemps dernier. La pièce parle de cela, de l’histoire de l’univers du big bang jusqu’à nous, à travers la lumière qui est la structure même de ces images. Depuis l’origine, toute la matière qui compose aujourd’hui l’univers est concentrée en un seul point plus petit qu’un atome, qui a subi un dérèglement quelconque et donné origine à tout ce que l’on peut voir, toucher, sentir ou entendre aujourd’hui.

Le descriptif est fourni par l'organisateur de l'événement. Il n'a pas été rédigé par le Tarpin Bien.
A savoir

Commissaire de l’exposition Muriel Enjalran
Avec le soutien de l’Instituto Guimarães Rosa et de l’Ambassade du Brésil à Paris
En partenariat avec la Galerie Martine Aboucaya

Itinéraire transport en commun
Attention ! Les commentaires ne sont pas forcément vus par les établissements et événements. Si vous souhaitez réserver ou acheter des billets, faite le directement via les liens proposés ci-dessus ou en contactant l'établissement. Les commentaires sont publics, par conséquent n'écrivez pas de coordonnées personnelles (téléphone, mail, adresse ...).

Envoyer un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

J'y vais / J'y étais Je suis interessé
Accès en transport en communs
Horaires
Du 07 fevrier 2026 au 15 novembre 2026
  • Mercredi : de 12h00 à 18h00
  • Jeudi : de 12h00 à 18h00
  • Vendredi : de 12h00 à 18h00
  • Samedi : de 12h00 à 18h00
Du 07 fevrier 2026 au 15 novembre 2026
  • Dimanche : de 14h00 à 18h00
Tarifs
Plein 5 €
Réduit 2.50 €
Tarifs donnés à titre indicatif.
Le lieu
A faire aussi