Robinson, naufragé au XXIe siècle ?
03
OCTO
19h00

Robinson, naufragé au XXIe siècle ?

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Le MuCEM (musée des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée)

7 Promenade Robert Laffont 13002 Marseille

Table ronde et spectacle, autour de l’exposition « Le temps de l’île »

S’il est un imaginaire insulaire encore extrêmement puissant de nos jours, c’est bien celui de Robinson Crusoé, roman d’aventures publié en 1719 par Daniel Defoe, narrant l’histoire d’un naufragé ayant vécu durant près de trente ans sur une île déserte. Un récit abondamment repris par la littérature, la philosophie ou le cinéma, au point qu’il fait désormais figure de mythe universel.

En écho à l’exposition « Le temps de l’île », alors que l’on célèbre cette année le tricentenaire de la publication de l’œuvre de Daniel Defoe, le Mucem propose une soirée consacrée à la figure de Robinson, mêlant table ronde, lecture et spectacle. Avec artistes et philosophes, il s’agit de questionner le mythe dans ses métamorphoses successives aussi bien que dans son actualité : du tourisme de masse à la question migratoire et de la société individualiste à la société hyper-connectée, que nous dit aujourd’hui Robinson de notre monde ?

19h
Table ronde et lecture

Des robinsonnades aux nouveaux Robinsons

Avec Guillaume Pigeard de Gurbert (philosophe) et les commissaires de l’exposition « Le temps de l’île », Jean-Marc Besse (directeur d’études à l’EHESS, directeur de recherches au CNRS) et Guillaume Monsaingeon (professeur de philosophie)
Modération : Catherine Portevin (Philosophie Magazine)

Depuis sa parution en 1719, le Robinson Crusoé de Daniel Defoe n’a cessé d’inspirer de nouvelles variations sur le thème de l’île déserte et du naufragé appelées « robinsonnades ». Citons par exemple L’Île mystérieuse de Jules Verne (1874), Vendredi ou la vie sauvage de Michel Tournier (1971), ou encore, plus près de nous, L’Empreinte à Crusoé de Patrick Chamoiseau (2012). Par strates successives, cet ensemble de récits, d’histoires et d’imaginaires a participé à la constitution d’un véritable mythe universel moderne.

Lors de cette table ronde, le philosophe Guillaume Pigeard de Gurbert et les commissaires de l’exposition « Le temps de l’île », Guillaume Monsaingeon et Jean-Marc Besse, décryptent l’évolution du mythe de Robinson à travers le temps, avant de tenter de saisir, trois siècles après la publication du roman de Defoe, ce que Robinson peut encore nous dire de notre monde contemporain.

Table ronde suivie d’une lecture d’extraits issus de différentes « robinsonnades », notamment choisies parmi les livres présentés dans l’exposition « Le temps de l’île ».

Guillaume Pigeard de Gurbert est professeur de philosophie en khâgne. Il a récemment rédigé des articles sur Robinson Crusoé dans le Nouveau Magazine littéraire (mars 2019). Son essai Contre la philosophie (Actes Sud, 2010), qui mobilise la figure de Robinson pour redéfinir la philosophie, a été utilisé par Patrick Chamoiseau dans L’Empreinte à Crusoé, dont il a signé la préface dans l’édition de poche (Gallimard, Folio, 2013). Il a vécu en Martinique, dans l’archipel des Antilles.

Guillaume Monsaingeon est chercheur et commissaire indépendant. Chercheur correspondant du centre Norbert Elias, il enseigne la philosophie en classes préparatoires à Marseille.
Ses travaux sur Vauban et les plans-reliefs (Les voyages de Vauban, la construction du territoire, 2007 ; Les plans en relief des places fortes du Roy, avec A. de Roux et N. Faucherre, 2007) l’ont conduit à organiser des expositions sur les pratiques artistiques cartographiques contemporaines : « Mappamundi » (Lisbonne 2011 ; Toulon 2013), « Alpha, beta, carta » (Rentilly 2014 ; Marseille 2015), « Villissima ! » (Toulon 2015), « Au milieu de nulle part » (Grenoble 2016), « Atlas des déplacements » (Grenoble 2018).
Auteur de nombreuses contributions sur la cartographie, il anime depuis 2013 l’Ouvroir de cartographie potentielle (Oucarpo). Membre du comité d’acquisition du FRAC Provence-Alpes-Côte d’Azur, il y prépare une exposition sur la marche pour janvier 2020.
Jean-Marc Besse est directeur de recherche au CNRS et directeur d’études à l’EHESS. Il s’intéresse à l’histoire de la géographie et de la cartographie modernes, ainsi qu’à l’histoire et à la théorie du paysage. Il est également co-directeur de la revue Les Carnets du paysage. Il a publié plusieurs livres consacrés à l’histoire des représentations géographiques et au paysage, parmi lesquels : Les Grandeurs de la Terre. Aspects du savoir géographique à la Renaissance (2003) ; Le goût du monde. Exercices de paysage (2009) ; Habiter. Un monde à mon image (2013) ; La nécessité du paysage (2018). Il est président de la Commission d’histoire du Comité Français de Cartographie.

Catherine Portevin est journaliste, spécialisée dans le domaine des idées. Elle a notamment travaillé à Télérama, Le Monde Idées, et dirige actuellement la rubrique livres de Philosophie Magazine. Elle a publié : Devoirs et délices, une vie de passeur, entretiens avec l’historien des idées Tzvetan Todorov (Le Seuil, 2002), Penser dans l’urgence, parcours d’un humanitaire, entretiens avec Rony Brauman, ex-Président de MSF, et Migrants et réfugiés : réponse aux indécis, aux inquiets et aux réticents, avec Claire Rodier (La Découverte, 2016, rééd. mise à jour 2018).

21h
Spectacle
Robinson

Chorégraphie : Michele Di Stefano
Avec Philippe Barbut, Biagio Caravano, Marta Ciappina, Andrea Dionisi, Laura Scarpini, Loredana Tarnovschi

Dans ce spectacle davantage inspiré du Vendredi ou les limbes du Pacifique de Michel Tournier que du Robinson Crusoé de Daniel Defoe, le chorégraphe italien Michele Di Stefano s’empare de la figure de l’île pour expérimenter « de nouvelles possibilités pour la danse », en partant de la solitude d’un naufragé observant l’horizon…

Serait-il un touriste ou un réfugié ? Contrairement au héros de Defoe, ce Robinson-là se perd dans le paysage sans chercher à recréer la société occidentale : il entre dans un espace métamorphique jusqu’à ce que la rencontre avec l’Autre le conduise à une totale réinvention de lui-même.

De la même manière, la chorégraphie peut être considérée comme une façon d’appréhender le monde extérieur : c’est le langage de la rencontre avec l’autre, le lieu où les individualités s’unissent pour ne former qu’une seule danse. Ce que Robinson semble nous dire, c’est que l’altérité peut vraiment structurer un monde.

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