Ta balade du week-end : À la découverte du Camas !

40 min
Difficulté :
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Ta balade du week-end : À la découverte du Camas !

Ce week-end, direction le Camas petit quartier résidentiel du 5e arrondissement de Marseille qui cache bien son jeu mais regorge pourtant de lieux chargés de secrets et d’histoire !

Quelques mots sur le Camas

Le Camas est un quartier du 5e arrondissement de Marseille. Il relie le cours Julien au quartier de la Blancarde grâce au boulevard Chave, principale artère du quartier. C’est un quartier non loin de l’effervescence du centre-ville où il règne pourtant une atmosphère plutôt villageoise et conviviale. Contrairement à ce que l’on pourrait croire au premier abord, le quartier du Camas n’est pas seulement un quartier résidentiel. Il est en réalité très animé et certains de ces lieux sont chargés d’histoire.

Le Camas tient son nom d’une expression latine Campus Martius signifiant Champ de Mars. Le nom du quartier est attesté ainsi dès le XIe siècle dans le cartulaire de Saint-Victor. Il évoluera ensuite pour devenir Camp Març en provençal puis Capmars avant de devenir l’actuel Camas dès le XIVe siècle.

La place Jean Jaurès

Nous débutons notre balade au sommet du boulevard Chave où se trouve la place Jean Jaurès, plus connue sous le nom de La Plaine. Cette grande place rectangulaire n’est pas seulement un lieu où les Marseillais apprécient de se retrouver pour boire un verre entre amis, elle possède une histoire très ancienne.

Sous l’Ancien Régime, cette place était le lieu de nombreux évènements : c’est ici que l’on accueillait régulièrement les monarques en visite à Marseille avant de les conduire jusqu’à l’hôtel de ville : François Ier y fut par exemple accueilli avec sa femme après sa victoire lors de la bataille de Marignan. Le roi Charles IX y sera reçu avec Catherine de Médicis sa mère et le duc d’Anjou son frère en novembre 1564.

Au XVIIIe siècle, Marseille s’étend et s’urbanise rapidement. Des immeubles typiquement provençaux sont alors construits autour de la place, principalement bourgeoise à l’époque. En 1770, c’est sur cette place que se tiendra la toute première corrida française. La place Jean Jaurès devient ensuite un lieu marchand. À partir de 1860 et pendant près de 100 ans, la place accueille la foire de Saint-Lazare. En 1871, la Plaine devient un lieu de protestation pendant la Commune. Des militants Marseillais s’y réunissent entre le 22 mars et le 5 avril pour apporter leur soutien aux révolutionnaires.

Le nom de Place Jean Jaurès est attesté le 23 décembre 1919 pour rendre hommage à Jean Jaurès, homme politique français qui consacra les dernières années de sa vie à tenter d’empêcher le déclenchement de la Première Guerre Mondiale. Cet acte pacifiste lui valut d’être assassiné par le nationaliste Raoul Villain la veille du déclenchement du conflit.

La place Jean Jaurès vient d’être entièrement rénovée. Les travaux qui ont débuté en 2019 ont permis de doter la place d’espaces verts, d’agrandir la chaussée et d’installer des jeux pour les enfants, une piste cyclable ainsi que de nombreux bancs et transats.

Pour rappel, la place Jean Jaurès avant les travaux, ressemblait à cela :

La sculpture de Louis Botinelly

Toujours sur la place Jean Jaurès, rendez-vous juste en face du célèbre bar du Petit Nice où se trouve une sculpture monumentale réalisée par le sculpteur Louis Botinelly. Elle commémore la première traversée de la Méditerranée en ballon. Celle-ci fut réalisée par Louis Capazza et Alphonse Fondère qui décollèrent de la place Jean Jaurès pour se rendre jusqu’en Corse.

Le boulevard Chave

Quittez la place Jean Jaurès pour descendre le long du boulevard Chave. Ce boulevard est construit par André Chave, un homme d’affaires Marseillais. Au numéro 72, vous pourrez contempler l’immeuble dans lequel est né Fernandel, célèbre chanteur, acteur et humoriste Marseillais. Un buste le représentant avec son sourire communicatif et son chapeau le représente au croisement avec le boulevard Eugène Pierre. La sculpture a été réalisée par Jacques Choquin en 2008.

Le boulevard est particulièrement célèbre pour sa prison : la prison Chave construite en 1865 à l’angle du boulevard Chave et de la rue Georges. À partir de 1912 et jusqu’en 1934, c’est devant le parvis de cette prison qu’étaient réalisées les exécutions capitales. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, la prison est utilisée pour contrôler les étrangers et les juifs. La prison a été détruite et vous pouvez aujourd’hui apercevoir une école ainsi que les bâtiments de la Caisse d’Épargne sur son emplacement.

Le boulevard Chave est aujourd’hui un lieu convivial le long duquel sont installées de nombreuses terrasses de cafés et restaurants. En fin de journée, le boulevard est particulièrement animé.

L’église Saint-Michel

Une fois devant la Caisse d’Épargne, tournez sur la rue George puis à gauche sur la rue de Verdun. Au bout de la rue, tournez à gauche sur la rue Escoffier pour arriver place de l’Archange. Longez l’église pour remonter jusqu’à son parvis.

La paroisse Saint-Michel est créée en 1848 et souhaite instaurer un lieu de culte dans le quartier du Camas. L’église est construite par l’architecte Marseillais Pierre Marius Bérengier. C’est la première église de style néo-gothique de la ville. La façade assez épurée et dépourvue de statues peut laisser une impression d’inachèvement. En revanche, ses vitraux réalisés par le maître verrier Émile Thibaut de Clermont sont particulièrement impressionnants, notamment celui situé au cœur de l’église qui mesure 18 mètres de haut et se compose de 5 tableaux. En entrant à l’intérieur de l’église, vous pourrez apercevoir le tombeau de l’Abbé Meistre, qui fut le premier curé de la paroisse Saint-Michel et le grand orgue qui suscite l’admiration de nombreux visiteurs.

Le garage Devolux

À partir de l’église, remontez la rue de l’église Saint-Michel et tournez à gauche au croisement avec la rue Terrusse. Avancez jusqu’au numéro 52 où vous découvrirez l’immeuble où vécut jadis la famille de Marcel Pagnol.

Continuez votre route jusqu’au numéro 23 de la rue Terrusse où vous découvrirez la façade du garage Devolux. Cette ancienne concession Peugeot date des années 1930. C’est l’époque de la démocratisation de la voiture individuelle et les concessions automobiles se multiplient à Marseille. Le garage Devolux a été construit par l’architecte Negrel dans un style architectural Grand Magasin et Art Déco. Les décors sur la façade sont signés Félix Guis, un peintre, sculpteur et caricaturiste. Il y représente notamment des automobiles fumantes ( à l’époque, on ne se posait pas la question de la pollution) particulièrement remarquables et encore visibles aujourd’hui.

La maison du Tipe

Revenez sur vos pas jusqu’au croisement avec le boulevard Eugène Pierre et remontez le jusqu’en haut. Sur votre droite, au croisement avec la rue Devilliers se dresse un immeuble qui semble tout à fait ordinaire mais qui possède probablement la façade la plus originale de tout Marseille !

Cet immeuble date de 1847 et a été construit par Dominique Turcan, apprenti architecte qui fut recalé au concours de l’école d’architecture. Extrêmement déçu par son échec, Dominique Turcan voulait prouver que, même sans diplôme, il disposait de toutes les capacités nécessaires pour devenir architecte. Il imagine alors cet immeuble dont les sculptures évoquent son histoire. Parmi les détails sculptés, vous découvrirez notamment le profil de cet apprenti architecte avec une expression boudeuse. Juste en dessous de ce portrait, une cariatide refuse de faire le rôle qui lui est généralement attribué (soutenir quelque chose) en croisant les bras. L’une des frises de l’immeuble présente une scène particulièrement chaotique où des angelots en viennent aux mains, symbole probable de la détresse de l’architecte après son échec. Tous ces petits détails sont surmontés d’une inscription pour le moins cocasse : « Tipe d’architecte sachant tout faire même sans diplôme ». C’est un bâtiment qui mérite vraiment le coup d’œil et pourtant de nombreux Marseillais passent devant quotidiennement sans connaître son histoire et ses fantaisies.


Les lieux par lesquels vous allez passer

Eglise Saint Michel

Horaires d'Accueil - Du 01 Janvier au 31 Décembre Lundi : de 8h30 à 12h00 et de 16h00 à 18h30 Mardi : de 8h30 à 12h00 et de 16h00 à 18h30 Mercredi : de 8h30 à 12h00 et de 16h00 à 18h30 Jeudi : de 8h30 à 12h00 et de 16h00 à 18h30 Vendredi : de 8h30 à 12h00 et de 16h00 à 18h30 Samedi : de 8h30 à 12h00 et de 16h00 à 18h30 Dimanche : de 8h30 à 12h00 et de 16h00 à 18h30 Les messes - Du 01 Janvier au 31 Décembre Mardi : de 18h30 à 19h30 Mercredi : de 09h00 à 10h00 Jeudi : de 18h30 à 19h30 Vendredi : de 18h30 à 19h30 Dimanche : de 10h30 à 11h30
L'Eglise en quelques mots... Faisant partie de la paroisse regroupant les églises Saint-Pierre et Saint-Calixte, l'église Saint-Michel est très appréciée de ses riverains dont elle rythme la journée en sonnant toutes les heures, et on y célèbre de nombreux mariages. Située dans le quartier La Camas, elle clôture la perspective de la rue Terrusse et offre une très jolie vue le soir, quand l'église est éclairée. De plus elle accueille chaque année ...
Adresse lieu : 1, place de l’Archange
13005 Marseille

Boulevard Chave


Situé dans le 5ème arrondissement de Marseille, relie la place Jean-Jaurès à la gare de Marseille-Blancarde.
Adresse lieu : Boulevard Chave
13005 Marseille

Quartier de la Plaine


Le quartier en quelques mots... Le surnom "La Plaine" donné à ce quartier par les marseillais est dû à la place Jean Jaurès autrefois appelée "plan Saint-Michel"(plan vient de plateau)  et qui est est une voie située après le Cours Julien et le Panier, à la limite des 1er, 5e et 6e arrondissements de Marseille. La place est un lieu de rendez-vous pour tous les jeunes noctambules attirés par ses cafés, boites de ...
Adresse lieu : Place Jean Jaurès
13005 Marseille
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3 Commentaires

  1. Phixie FIl

    Vous devriez retourner voir, ça change très vite? La moitié des arbres qu’on voit sur vos images a été abattue sans sommations et sous protection policière…

    Réponse
  2. Marie Mikolajczak

    Les habitants du quartier de la Plaine et alentours ont appris , sans avoir été concertés que La Ville ( Mairie et Soleam) veulent incessamment raser la Plaine : Abattre 85 arbres !!!!!sains et vigoureux ; de grands arbres ; peut être 115 .
    Couper la place en la faisant traverser de part en part par une voie de circulation automobile ;Faire « dégager » 130 150 forains ???
    Alors que La Plaine , est le poumon vert du quartier , le plus grand marché de Marseille et le plus populaire
    La plus grande place historique de Marseille
    Pour ce la Ville depuis presque trois ans néglige l’entretien minimum de ces 25000mètres carrés. nids de poules ou maintenant de dinosaures ( pour le sol)
    absence de dératisation . Eclairages défaillants non remplacés et même on a droit à des nuits entières sans aucun éclairage ? La Fontaine unique a été réparée par les habitants . Le jardin d’enfants est le plus piteux au point de vue équipements que l’on puisse imaginer . Pas de toilettes Publiques . Tout ceci a été réclamée et réclamé et réclamé.
    Un appêtit de promotteurs qui fait fi de la V ie de Marseille , de la Nature , de l’Histoire de la Ville .

    Réponse
    • Maltsec

      A Marie,
      La concertation au sens d’informations et réponses aux questions préalables a été sabotée par des groupes qui veulent conserver un parking et un espace public mal entretenu (ça arrange tous le monde de se défouler sur l’espace commun). Les arbres sains et vigoureux sont les premières victimes des voitures qui jouent aux auto-tampon avec. Le projet comprend un couvert végétal supérieur en accord avec le PLU qui prévoit que l’ombre n’est plus réservée aux voitures (climat aidant). Le marché historique est un marché de fleurs, le premier, et d’alimentation. Le marché degriffé d’aujourd’hui est le résultat de l’abandon et de la logique la plus commerciale. Les services de la ville sont pitoyables, c’est vrai, mais choisir de laisser ce quartier aux graff, poubelle sauvage, colonisation de la bagnole, aux canalisations fuyardes et aux chaussées trouées. Non, je vis sur cette place et je l’aime.

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