Clement Cogitore au Mucem : la possibilité d’une île jusqu’au 20 septembre !
Ce n’est pas Michel Houellebecq , mais Clémént Cogitore qui explore les possibles à partir d’une histoire vraie !
Entre fin juin et mi-juillet 1831, l’activité volcanique sous-marine fait naître une nouvelle île en Méditerranée, dans le canal de Sicile en face de la Tunisie. Alors que les marins et les habitants des côtes voisines craignent le réveil d’un monstre marin, le nouveau territoire éveille la curiosité des scientifiques et la convoitise des puissances européennes en pleine expansion coloniale. En quelques semaines, l’île est revendiquée pour sa position stratégique par la Grande-Bretagne, la France et le Royaume des Deux-Siciles, entre autres.
Cependant, la compétition est de courte durée : six mois à peine après son apparition, l’île nouvellement formée sombre sous les vagues de la Méditerranée. Ses noms multiples restent cependant consignés dans les archives européennes : « Ferdinandea » pour le Royaume des Deux-Siciles en l’honneur du roi Ferdinand II de Bourbon, « Julia » pour les Français en référence à la monarchie de juillet et « Graham » pour les Anglais d’après Sir James Graham, premier Lord de l’Amirauté. Sommeillant aujourd’hui à quelques mètres de profondeur, le rocher basaltique est surveillé de près par les sismologues ; une nouvelle éruption pourrait-elle d’un moment à l’autre le faire resurgir et susciter à nouveau manoeuvres géopolitiques, logiques d’exploitation et d’exclusion de puissances impérialistes ?

À travers les films, vidéos et photographies créés pour l’exposition, Clément Cogitore, artiste philosophe, spécule sur l’émergence, la chute et la possible réémergence du volcan. Entre documentaire et fiction, son intuition métaphorique orchestre prémonitions, croyances populaires, documents d’archives, relevés scientifiques et cartographiques : entre ses mains, « Ferdinandea » devient le miroir de différents rapports au monde et de futurs possibles.
Selon le récit multiforme de Cogitore, « Ferdinandea » constitue une utopie/dystopie immergée, un lieu de tous les possibles à partir duquel l’artiste invite à repenser l’espace de la « mer du milieu ».