Les secrets du fort Saint-Nicolas

Le 21 Oct 2021Découverte Les secrets du fort Saint-Nicolas

Le fort Saint-Nicolas se trouve sur la gauche, face au fort Saint-Jean lorsqu’on contemple le Vieux-Port de face. Certains le connaissent aussi sous le nom de fort d’Entrecasteaux et ont peut-être déjà eu la chance de monter sur ses remparts ou de le visiter au cours des journées du patrimoine. Mais connaissez-vous réellement son histoire ? Le Tarpin Bien vous présente aujourd’hui les secrets de ce fort militaire !

La construction du fort Saint-Nicolas

Le fort Saint-Nicolas se trouve à gauche lorsqu’on regarde le Vieux-Port de face. À l’époque de sa construction, en 1660, de nombreuses émeutes agitent la ville. Les Marseillais ont été hostiles au pouvoir royal pendant de nombreuses années. Pourtant, Louis XIV est conscient du rôle majeur que possèdent Marseille et son port en Méditerranée. Inclure la ville dans le Royaume de France serait donc une véritable aubaine. C’est pourquoi le 19 janvier 1660, le roi adressa une lettre au gouverneur de Provence, le duc de Mercour dans laquelle il  annonçait sa décision d’envoyer des troupes à Marseille. Dans cette lettre, le roi dressait également la liste de plusieurs obligations dont celle de construire une citadelle  » en l’endroit de ladite ville qui sera jugée le plus propre ».

L’occupation militaire de Marseille est effectuée le 26 janvier 1660 par une armée de 6000 hommes qui soumettra Marseille au pouvoir royal. C’est Louis Nicolas de Clerville, célèbre ingénieur de fortifications français qui fut envoyé à Marseille pour la construction de cette citadelle qui deviendrait le fort Saint-Nicolas. Avec ce projet, l’objectif de Louis XIV constituait avant tout à protéger la rade de Marseille de potentielles invasions mais il voulait aussi avoir un moyen de surveiller les Marseillais pour pouvoir tuer dans l’oeuf les éventuels soulèvements populaires. L’emplacement de la citadelle devait donc offrir une vue d’ensemble sur la ville et se trouver non loin de la mer. Au départ, Clerville pensait construire le fort sur la colline de Saint-Charles. Il y renonça rapidement car le lieu était jugé beaucoup trop éloigné de la mer. Il retint donc l’emplacement actuel, près de l’abbaye de Saint-Victor dont l’étendue, la position au-dessus de la ville et la proximité avec la mer en faisaient un lieu particulièrement stratégique.

Le chantier est lancé le 2 mars 1660 à l’occasion d’une visite du roi à Marseille. La construction du fort suit le plan en étoile de Louis Nicolas de Clerville. Le chantier durera 4 ans. Cela peut paraître long mais compte tenu de la nature du projet, de ses dimensions et de l’ampleur de l’édifice, le fort Saint-Nicolas a en réalité été construit en un temps-record !

La destruction du fort pendant la Révolution Française

Une garnison militaire occupe le fort tout au long du XVIIIe siècle. En 1790, année de la Révolution Française, le fort sera en partie détruit par le peuple Marseillais. En effet, pour la foule, le fort Saint-Nicolas, tout comme le fort Saint-Jean représentaient dans l’imaginaire collectif le symbole de la soumission au pouvoir absolu. Le fort est occupé à partir du 30 avril 1790 par 50 révolutionnaires. L’Assemblée Nationale, le roi ainsi que le ministre de Saint Priest adressent tout trois une lettre à la municipalité Marseillaise pour demander l’évacuation des forts. Si elle ne remet pas en cause la volonté du pouvoir royal, elle refuse toutefois d’obéir aux ordres du ministre qui n’avait donné dans sa lettre aucune sanction royale et considerait ainsi la lettre comme nulle et non avenue. Elle n’a pas plus de considération pour la lettre de l’Assemblée Nationale, institution qui est normalement chargée de contenir le pouvoir de l’exécutif et non de l’appuyer. La municipalité ne prend donc aucune mesure pour stopper l’occupation du fort Saint-Nicolas.

La nuit du 17 au 18 Mai, la foule entrepend de détruire le côté du fort orienté vers la ville craignant que celui-ci ne soit de nouveau occupé par la garde royale. Cette fois, l’Assemblée Nationale publie un décrét ordonnant l’arrêt de la démolition du fort. Cette fois, le décret comporte une sanction royale ce qui lui donne force de loi. Le décret arrive à Marseille le 30 mai. La municipalité accepte alors d’arrêter la démolition du fort Saint-Nicolas et du fort Saint-Jean qui a également été démantelé entre temps. Toute les parties des deux forts tournées vers la ville ayant de toute façon été détruites pierres par pierres, la foule se retire. La démolition est entièrement stopée le 30 mai 1790. Toutefois, le fort ne sera restauré qu’en 1834.

L’utilisation du fort Saint-Nicolas comme prison

En 1823, le fort Saint-Nicolas est devenu une prison. Cette année-là, le fort accueille 569 prisonniers capturés pendant l’expédition menée en Espagne par le duc d’Angoulême. Ces hommes avaient été faits prisonniers car ils avaient participé à l’organisation de la guérilla contre les troupes napoléoniennes dès 1808.

Parmi les prisonniers les plus célèbres du fort, nous pouvons également citer l’écrivain Jean Giono, arrêté à Digne en 1939 pour ses écrits pacifistes, Jean Zay, un député socialiste arrêté en 1940 et accusé de désertion par le régime de Vichy ainsi que Habib Bourguiba, le futur président de la République Turque qui est arrêté en 1940.  Le fort Saint-Nicolas restera une prison jusqu’à la fin de la dernière guerre.

La division du fort en deux parties

En parallèle de l’utilisation du fort comme prison, Napoléon III fait entreprendre des travaux pour la construction d’un nouveau boulevard pour la circulation automobile. Ces travaux entraînent la division du fort en deux parties. Cela permet la naissance du boulevard que l’on connaît aujourd’hui sous le nom de Boulevard Charles Livon mais qui s’appelait à l’origine Boulevard de l’Empereur.

En 1887, la partie supérieure du fort Saint-Nicolas, située juste en dessous de l’abbaye de Saint-Victor est renommée fort d’Entrecasteaux par les autorités. Le fort porte ainsi le nom d’un navigateur français, originaire d’Aix-en-Provence. La partie basse du fort sera renommée fort Ganteaume. C’est un hommage à un ancien vice-amiral devenu préfet maritime de Toulon. Depuis 1969, l’édifice est classé Monuments Historiques

Le fort aujourd’hui

Aujourd’hui, la partie basse du fort abrite le cercle militaire de Marseille. La partie haute du fort a quant à elle été rénovée par l’association ACTA VISTA qui y aménage son siège d’activité en 2005. Cette association forme aux métiers du patrimoine. Elle a créé son pôle de formation en 2009. Grâce à de nombreux mécènes, l’association a pu entièrement restaurer les remparts du fort. 

Une seule partie du haut fort est aujourd’hui ouverte au public. Il est possible de monter sur les remparts et d’admirer la vue imprenable sur la ville, la mer et le Vieux-Port. Les autres parties du fort ne sont pas accessibles au public car ce sont des enceintes militaires. Renseignez-vous auprès de l’office du Tourisme si vous souhaitez effectuer la visite des parties accessibles.

Auteur de l'article :
Emma Antosik
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