Les secrets du pavillon Daviel

Le 9 Oct 2022DécouverteHistoire Les secrets du pavillon Daviel

Construit entre 1743 et 1745, le pavillon Daviel a traversé les siècles avec beaucoup de rebondissements. Il abrite d’abord le palais de justice de Marseille. Ce bâtiment est craint par beaucoup de monde au moment de la Révolution car c’est de son balcon que sont prononcées les mises à mort du tribunal révolutionnaire. Il abrite ensuite certains cours de la première école de médecine publique de Marseille avant d’échapper à la destruction par les bombardiers Allemands pendant la Seconde Guerre Mondiale ! Découvrez l’histoire de ce bâtiment atypique.

De qui tient-il son nom ?

L’hôtel Daviel tient son nom de Jacques Daviel. C’est un chirurgien et ophtalmologue français. À Marseille, il est notamment célèbre et apprécié pour son action au cours de la Peste de 1720. Il fait partie des chirurgiens volontaires venus prêter secours à Marseille pendant l’épidémie. Jacques Daviel décide ensuite de s’établir à Marseille où il devient chirurgien-major des galères. Il va également donner des cours d’anatomie et de chirurgie dans les hôpitaux de la ville. Jacques Daviel est mondialement connu pour avoir réalisé la première opération de la cataracte en 1745.

Il a donc laissé son nom à l’hôtel Daviel situé face à l’Intercontinental et à la place Daviel sur laquelle se trouvent les deux bâtiments.

C’est l’ancien palais de justice de Marseille

Le pavillon Daviel est construit entre 1743 et 1745 par les frères Gérard qui sont des architectes Marseillais. Il est destiné à abriter le Palais de Justice de Marseille. Avant sa construction, le palais de justice de la ville se trouvait déjà à cet emplacement. Au XVIIIe siècle cependant, il est décrété trop petit. Un arrêté du conseil du roi ordonne donc la construction d’un nouveau palais de justice : le futur pavillon Daviel. Au départ, celui-ci devait s’implanter sur la Canebière mais pour des raisons économiques, il s’installe au même emplacement que l’ancien.

Le palais de justice rouvre au sein du pavillon Daviel en 1747. Il accueille notamment les tribunaux révolutionnaires de Marseille en 1793 et 1794. Le tribunal révolutionnaire est un tribunal d’exception crée par la loi du 10 mars 1793. Il jugeait les actions contre la révolution, la sûreté de l’État et l’unité de la République dans toute la France. À Marseille, les sentences étaient prononcées sur le balcon du pavillon Daviel.

Les sous-sols du palais servaient de prison pour les jugés. La guillotine se dressait ensuite sur la place Daviel juste en face du palais et les condamnés étaient mis à mort.

Le palais de justice fonctionne au sein du pavillon Daviel jusqu’en 1862. Devenu trop petit à son tour, le pavillon Daviel est délaissé par le palais de justice qui s’installe place Monthyon où il est toujours actuellement.

Le pavillon Daviel abrite ensuite l’école de médecine

Délaissé par les tribunaux de justice, le pavillon Daviel accueille à partir de 1875 certains cours de l’école de médecine de Marseille qui est à l’époque installée à l’hôtel-Dieu juste en face du pavillon Daviel. Les enseignements théoriques sont ainsi dispensés au pavillon Daviel tandis que les cours cliniques et d’anatomie restent à l’Hôtel-Dieu.  Cette école est la première école de médecine publique de Marseille. L’enseignement de la médecine était auparavant réalisé dans des compagnonnages ou dans des collèges privés. En 1893, l’école de médecine est déplacée au sein du Palais du Pharo. C’est là qu’elle devient faculté de médecine à partir de 1930.

Le pavillon Daviel aujourd’hui

Le pavillon Daviel a la chance d’être l’un des rares bâtiments du quartier à échapper à la destruction par les bombardements Allemands de 1943. Aujourd’hui, le pavillon Daviel abrite les services annexes de la mairie. Il est d’ailleurs relié au pavillon Bargemon et à l’espace Bargemon grâce à son sous-sol.

L’architecture du pavillon Daviel

Le pavillon Daviel est construit en pierres roses de la Couronne. Le balcon en ferronnerie duquel étaient prononcées les condamnations à mort en 1793 et 1794 est réalisé par le sculpteur Jean-Michel Verdiguier. C’est également lui qui réalise toutes les autres sculptures. La façade du bâtiment est ornée d’un fronton allégorique. Les sculptures représentées évoquent la justice, les armes du roi représentées par des angelots, la torche de Thémis (déesse de la justice) ainsi que l’écusson de Marseille tenu par des enfants.

Auteur de l'article :
Emma Antosik
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