Marseille à travers les âges

Le 7 Mar 2022DécouverteHistoire Marseille à travers les âges

Aujourd’hui nous partons à la découverte de différents endroits de Marseille qui se sont complètement métamorphosés à travers les époques ! Remontez le temps à la découverte du cours Honoré d’Estienne d’Orves lorsqu’il avait des allures de Venise, du visage du quartier du Prado lorsque ses plages n’existaient pas ou encore de la place Jules Guesde lorsqu’elle n’accueillait pas encore l’arc de triomphe de la porte d’Aix mais un aqueduc du XIIIe siècle !

La Canebière et les omnibus

Crédit photo : Facebook Vieux Marseille

Voici une image du bas de la Canebière. A cette époque, la Canebière était bien loin d’être piétonne ! Il y règne une grande agitation tout au long de la journée. La Canebière est un axe de circulation important parsemé de cafés, restaurants et grands hôtels. C’est vraiment le centre névralgique de la ville !

Avant que le tramway ne s’installe en ville, les Marseillais se déplacent grâce aux omnibus. Ce sont des charrettes ou diligences tirées par des chevaux à l’image de celles que vous voyez sur la photo. Elles permettaient aux habitants des villages autour de Marseille de se rendre en centre-ville plus facilement. Le premier omnibus apparaît en 1840. Il propose trois liaisons entre la Place Royale aujourd’hui devenue place du Général de Gaulle et les quartiers de Bonneveine, Mazargues et Saint-Just. Très vite, ce mode de déplacement se répand dans toute la ville. En 1854, il existe 25 sociétés d’omnibus qui se partagent l’exploitation de 69 liaisons grâce à 80 voitures.

La gestion des omnibus est assez désordonnée du fait qu’ils ne soient pas gérés par une seule et même société. Pour contrer cette anarchie, un accord est passé avec la municipalité en 1856 afin de créer la Compagnie Générale des Omnibus de Marseille et de la Banlieue pour gérer l’entièreté du réseau. L’année suivante, la Compagnie Lyonnaise des Omnibus rachète la compagnie. Cela ne suffira pas à sauver les omnibus ! A cette époque, les premiers chemins de fer apparaissent. L’idée de construire un tramway à Marseille commence à germer dans les esprits. La première ligne de tramway est inaugurée le 21 janvier 1876 entre la Joliette et les Chartreux. Au fil des années, les lignes de tramway se multiplient et les omnibus finissent par disparaître !

Le pont transbordeur

Crédit photo : Facebook Vieux Marseille

Voici une vue du Vieux-Port depuis les jardins du Pharo. A l’époque, un étrange pont surmonte le Vieux-Port . Il porte le nom de pont transbordeur. Le pont transbordeur entre en service de 1905 à 1944, date de sa destruction. La ville décide de sa construction à cause des difficultés de circulation rencontrées sur les quais du port. L’objectif de ce pont était de faire passer d’une rive à l’autre plus rapidement sans perturber le trafic maritime.

C’est l’architecte Ferdinand Arnodin venu de Lyon qui propose ce projet de pont transbordeur en juin 1899 devant le ministère des Travaux Publics. En mars 1902, un décret présidentiel reconnaît l’utilité du pont transbordeur du Vieux-Port. Il se dresse entre le fort Saint-Jean et le fort Saint-Nicolas.

Le pont se compose de deux pylônes de 86,60 mètres de haut et de 240 tonnes. A 52 mètres au-dessus de la mer, un tablier relie les deux pylônes. Une nacelle de 120 m2 et 20 tonnes vient s’accrocher à ce tablier. Elle fait la navette entre les deux rives. Cette nacelle pouvait transporter un véhicule et 200 passagers. Elle reliait les deux côtés du port en 1 minute 30 seulement lorsqu’il faisait beau et jusqu’à deux minutes par temps de vent. Quand vous pensez au temps que vous passez aujourd’hui dans les bouchons à 17h le soir autour du port, vous aimeriez bien que le pont transbordeur soit encore en activité n’est-ce pas ? 

Malheureusement, l’armée allemande fait sauter le pont le soir du 22 août 1944 pendant la bataille de Marseille. (La bataille de Marseille désigne un ensemble de combats se déroulant entre le 21 et le 28 août 1944 et qui ont conduit à la libération de Marseille). Seul le premier pylône s’écroule à ce moment-là. Le deuxième sera détruit le 1er septembre 1945 par le service des Ponts et Chaussées. 

Le pont transbordeur à Marseille, c’était un peu comme la Tour Eiffel à Paris. Certains lui vouaient une véritable admiration. D’autres en revanche n’hésitaient pas à descendre cette œuvre qu’ils qualifiaient de “tas de ferraille” ! 

Le funiculaire de Notre-dame de la Garde

Voilà une autre invention que vous auriez sûrement bien aimé voir encore en service aujourd’hui ! Un moyen de transport pour aller jusqu’à Notre-dame de la Garde sans faire le moindre effort, c’est un peu le rêve non ? C’est ce que proposait le funiculaire de Notre-dame de la Garde jusqu’à la fin du XXe siècle.

La basilique de Notre-dame de la Garde est consacrée en 1864. Ce lieu était déjà un lieu de pèlerinage important à l’époque où la basilique n’était qu’une chapelle. Avec la basilique, il attire encore plus de monde ! Pour desservir le site, la ville de Marseille ouvre une nouvelle ligne d’omnibus. Elle dessert Notre-dame de la Garde depuis le cours Saint-Louis. Toutefois, cette ligne se révèle insuffisante. Plusieurs ingénieurs proposent alors de construire un funiculaire.  Le projet n’aboutit pas tout de suite. Au départ, la législation sur un équipement de ce type est assez floue. Le maire ne sait pas vraiment s’il est en droit d’autoriser un tel projet ou si c’est au préfet de le faire.

En 1889, la ville retient le projet d’Emile Maslin, un ingénieur des Forges et Chantiers de la Méditerranée. Il fonde la Societé des Ascenceurs de Notre-dame de la Garde avec Jean-Elie Dussaud, le propriétaire du terrain situé rue Jules Moulet qui accueillera la gare de départ. Le recteur de la basilique a quant à lui donné son autorisation pour implanter la gare d’arrivée sur ses terres. Les travaux peuvent commencer.

Le funiculaire est inauguré le 30 juillet 1892. Très rapidement, il rencontre un véritable succès ! Sur la seule journée du 15 août 1892, il transporte plus de 15 000 passagers ! Sur ses 75 années de service, le funiculaire a transporté pas moins de 15 millions de passagers. C’est le développement de l’automobile qui lui mettra un coup d’arrêt. Il transporte moins de passagers et devient de moins en moins rentable. Le funiculaire effectue son dernier voyage le 11 septembre 1967 à 18h30. Il et est détruit en 1974.

La place Jules Guesde et l’aqueduc de l’Huveaune

Crédit photo : Facebook Vieux Marseille

Voilà un lieu que vous allez sûrement avoir du mal à reconnaître ! Pourtant, il s’agit bien de la place Jules Guesde avant la construction de la porte d’Aix ! Avant la construction de l’arc de triomphe Marseillais, un aqueduc traversait la place. D’ailleurs, vous pouvez toujours admirer son seul vestige à côté de l’hôtel de Région. Cet aqueduc s’appelait autrefois aqueduc de l’Huveaune. Il est construit au XIIIe siècle. Jusqu’à la construction du canal de Marseille qui achemine l’eau de la Durance jusqu’à la ville, l’aqueduc de l’Huveaune était le principal moyen de distribution d’eau à Marseille. Il permettait d’acheminer l’eau depuis le quartier de la Pomme jusqu’au centre-ville. Il approvisionnait en eau pas moins de 380 puits de la vieille ville !

Lorsque le canal de Marseille entre en service, l’aqueduc devient obsolète. La ville bouche le canal en 1849 pour permettre l’installation d’une conduite en terre cuite. Il est finalement entièrement détruit en 1825 pour permettre la construction de la porte d’Aix. 

Le Vieux-Port avant la création du port de la Joliette

Crédit photo : Facebook Vieux Marseille

Avant le début de la construction du bassin de la Joliette dans les années 1840, c’est au Vieux-Port que s’effectuent tous les transits de marchandises et de passagers. Le port est en activité depuis l’Antiquité lorsque les Phocéens s’installent à Marseille. Au Moyen-Age, l’activité portuaire se consacre principalement autour de la pêche et du cabotage. Le cabotage désigne l’acheminement de marchandises et de passagers sur une très courte distance). En effet, l’arrière pays Marseillais ne dispose pas de beaucoup de produits à exporter. De plus, la ville se situe bien en retrait du Rhône qui est un grand axe de circulation commercial à l’époque. Pendant de nombreuses années, la surface du Vieux-Port suffit donc amplement pour gérer le transit des passagers et des marchandises. 

Cependant, en 1481, à la mort du dernier comte de Provence : Charles III, le roi de France Louis XI hérite de son territoire. Le Royaume de France annexe la Provence et Marseille à partir de cette date. Le port de Marseille commence à se développer. La ville s’ouvre au reste de la France et acquiert son rôle de grand port Français.

En 1515, les premiers quais sont construits. Très vite, les gros navires stationnent dans le port. Tant et si bien que le port se retrouve très vite encombré comme nous pouvons le constater sur cette photo. Des dizaines de gros bateaux y stationnent. Les marchandises sont stockées à même le quai car ni le port ni la ville ne disposent de véritables espaces de stockage. Marseille envisage alors ’extension du port les projets mais n’aboutissent pas. Jusqu’en 1840 où le trafic devient beaucoup trop important pour les capacités du port. Une extension devient alors inévitable. Le 5 août 1844, le gouvernement français ordonne la construction du port de la Joliette. Avec la construction du port autonome, le Vieux-Port devient un port de plaisance.

La place des Moulins au Panier

Crédit photo : Facebook Vieux Marseille

Voici un paysage qui semble tout droit sorti d’un des nombreux villages de l’arrière-pays provençal ! Pourtant, il s’agit bien d’une photo de Marseille et plus précisément du quartier du Panier. Vous pouvez d’ailleurs reconnaître le clocher des Accoules en arrière-plan ! La petite place des Moulins est le point culminant du quartier du Panier. Pour s’y rendre, il faut emprunter la montée du Saint-Esprit. Son nom fait référence aux moulins à vent qui s’y trouvaient au XVIIIe siècle. Dans les gravures de l’époque, on en dénombrait une quinzaine ! Ces moulins à vent servaient à produire de la farine pour toute la ville. Ils faisaient également office de lieu de repli en cas d’attaque !

Si vous vous rendez place des Moulins, vous pouvez encore apercevoir les vestiges de ces moulins. Il en reste trois. Deux sont situés au sud de la place et ont été englobés dans la construction des maisons de la place. Le troisième se situe au nord-est; au numéro 28. Malheureusement, il est impossible d’y monter car c’est une propriété privée. Si vous regardez bien, vous pouvez l’apercevoir depuis certains endroits de la ville tels que les rues surplombant le quai de rive-neuve par exemple !

Le cours d’Estienne d’Orves et le canal de la Durance

Crédit photo : Facebook Vieux Marseille

Alors oui, cette photo semble déjà venir d’un autre temps lorsqu’on constate que tous les bateaux sont couverts de neige ! Pourtant, ce n’est pas la chose la plus incroyable qu’elle nous présente. Vous seriez-vous un jour douté que le cours d’Estienne d’Orves avait jadis des allures de Venise et était traversé par un canal ? A partir du XVIIe siècle, le cours d’Estienne d’Orves abrite l’arsenal des Galères. Le ministre Colbert a ordonné sa construction. Une galère est un type de bateau à rames avec deux ou trois mâts à antennes qui servait d’abord pour un usage commercial avant d’avoir une fonction essentiellement militaire. En 1702, une darse (un bassin rectangulaire) est construite le long des cours d’Estiennes d’Orves et Jean Ballard. Elle permettait de relier l’arsenal au Vieux-Port.

Lorsque l’arsenal ferme ses portes en 1748, la darse se transforme en canal. Désormais appelé canal de la douane le canal est prolongé en 1782 le long de la place aux Huiles pour permettre une deuxième ouverture sur le Vieux-Port. De grands entrepôts sont en activité derrière le Vieux-Port. Le canal sert à acheminer les marchandises vers ces entrepôts dans des barques à fond plat. Les Marseillais apprécient beaucoup le canal qui donne un petit côté bucolique à la ville. Le canal ferme en 1927 car on le soupçonne de favoriser la propagation de maladies. Le cours Honoré d’Estienne d’Orves devient alors une place publique où se tient un marché. 

Le rond-point de david avant les plages du Prado

crédit photo : Twitter : David Coquille

Difficile d’imaginer le quartier du Prado sans l’immense parc balnéaire du Prado ! Les plages du Prado sont les plus connues et les plus célèbres de Marseille. Pourtant, elles n’ont pas toujours existé ! Vous ne le saviez peut-être pas mais ce sont des plages artificielles ! Leur construction remonte aux années 1970. Gaston Defferre est à l’origine du projet. A l’époque, le littoral n’est pas du tout aménagé de ce côté-là de la ville. Les jours de Mistral, de grosses vagues viennent s’écraser sur la chaussée et les véhicules qui roulent le long du littoral. En guise de plage, un seul banc de sable avec la route au-dessus. Cela donne guère envie de s’y baigner. La ville ne dispose d’aucune véritable plage. C’est ce que souhaite corriger le maire avec la construction d’un ambitieux projet de parc balnéaire.

La construction du métro permet l’aménagement des plages du Prado ! Cela permet à la ville d’obtenir le remblai nécessaire pour construire 20 hectares de plage. Les espaces verts aménagés autour constituent le reste du parc qui s’étend sur 26 hectares. Le parc longe le littoral sur 3,5 kilomètres.

Auteur de l'article :
Emma Antosik
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